“Dongdaemun : on y va pour la porte, on y reste pour le prêt-à-porter”
La première chose que l’on voit quand on arrive dans le quartier de Dongdaemun, c’est cette immense porte qui autrefois faisait partie de la muraille qui entourait et protégeait le coeur de la ville de 1396 jusqu’en 1869. Aujourd’hui ce monument historique est encerclé par la ville et la route, mais conserve une stature imposante face aux buildings qui l’entoure. De nuit la présence est magistrale, avec un éclairage tamisé qui la met fortement en valeur en opposition aux éclairages au néon présents sur les bâtiments aux alentours.

Dongdaemun, c’est aussi le stade de base-ball qui servit autrefois, en partie, aux jeux olympiques d’été de 1988. Malgré le fait que de nombreux autres complexes sportifs furent construits pour la coupe du monde de football de 2002 et les jeux olympiques, et qu’il est maintenant âgé de plus de quatre-vingt ans, le stade reste toujours en activité avec des matchs de base-ball très réguliers. Base-ball, qui est un sport national, qui prend de plus en plus d’envergure depuis que l’équipe de Corée a battu les États-Unis l’année dernière lors du « classique mondial de baseball ».

Mais Dongdaemun c’est avant tout : le plus grand marché de la mode et du textile de la ville, de corée et sûrement l’un des plus imposants du monde. Celui-ci s’étend tout autour du stade à travers un marché extérieur sous les tentes, mais surtout à l’intérieur d’immenses tours remplies de petites boutiques proposant toute sorte de vêtements, chaussures et accessoires. Les trois tours principales sont hello APM, Migliore et Doosan. Trois tailles différentes, mais au final une organisation très similaire les unes des autres. Le rez-de-chaussée propose les produits et les vêtements les plus originaux et les plus luxueux (dans l’apparence et non dans le prix), histoire de donner l’ambiance de la galerie. Ensuite on retrouve deux ou trois étages dédiés à la mode féminine, essentiellement du vêtement et quelques accessoires allant avec. Plus on monte les étages plus on retrouve des vêtements dédiés à un public jeune. S’en suit deux étages consacré à la mode au masculin, le premier proposant surtout des costumes, et des habits très inspirés des grands noms de la mode européenne. Le second se veut souvent plus jeune, avec des sweats, des t-shirts, des jeans, … Au dessus de tout ça on retrouve un étage complet, souvent plus, d’accessoires : montres, sacs, chaussures, valises, bijoux, et même des boutiques de souvenirs et de gadgets tranchant radicalement avec le reste des produits du bâtiment. On touche vraiment à tous les styles, ici. Et pour finir le haut de la tour (accessible par le grand public, car souvent elle continue encore et encore), se doit d’avoir son espace restauration, avec cafés, self-services, glaciers, … que serait un après-midi shopping, surtout pour un coréen, sans sa dose de nourriture ?


Un après-midi, c’est une façon de dire, en vérité il faudrait plutôt parler d’une nuit de shopping. En effet, ces tours marchandes sont ouvertes de dix heures du matin jusqu’à cinq heures du matin. Non il n’y a pas d’erreur, ça fait exactement dix-neuf heures d’ouverture par jour, et cinq petites heures pour renflouer les stocks. Autant dire qu’elles sont en perpétuelle activité. Mais c’est la nuit à partir de huit heures que tout devient intéressant et que le quartier de Dongdaemun prend toute son ampleur. Le marché extérieur se met en place, avec ses imitations et inspirations qui peuvent s’avérer comiques, comme le Polo Marco Polo ou le protège volant Prado, on retrouve également des contrefaçons qui se font rare à l’intérieur, mais qui ne choquent pas à l’extérieur, des montres Omega ou des sacs Louis Vuitton, souvent très proches de l’original, mais aussi avec des prix très élevés (même si toujours largement en dessous du modèle). En plus de ce marché qui décuple considérablement la surface commerçante, c’est le début des animations devant les tours, avec des concerts, des spectacles de danse et bien d’autres choses, diffusant de la publicité en image de fond, histoire de faire venir le client chez soit. Des spectacles qui sont très souvent très médiocres, avec des danseurs qui se marchent dessus, des chanteuses qui hurlent.


Au final ce n’est pas un après-midi ou même une nuit qu’il faudrait pour parcourir toutes les allées du marché de Dongdaemun, mais plutôt une bonne semaine. Mais il n’y aurait aucun intérêt à faire tous les stands et toutes les boutiques, car on tourne très vite en rond, et on retrouve les mêmes produits dans toutes les étales du même type. Très souvent, une boutique à son produit phare, qui attire le client, mais le reste est du déjà vu. Le véritable intérêt reste, comme dans tous les marchés coréens, le marchandage. Quel plaisir de pratiquer l’art du combat de calculatrice pour gagner quelques milliers de won. Et si le prix ne vous plaît allez voir le magasin d’en face il se fera un plaisir de marchander à son tour, pour le même produit. Le premier prix n’est jamais le bon, même s’il est intéressant pour un européen, ce ne sera pas le prix que payerait un coréen.
“pas possible, je vois !”
Alors qu’en France, le prix des lunettes est exorbitant, les prix qu’affichent les petites boutiques dans les galeries marchandes souterraines peuvent faire rigoler. Avec des montures annoncées à moins de dix euros, on peut se demander s’il s’agit de vraies lunettes, ou bien si ce ne sont que des lunettes pour faire semblant, surtout quand on se retrouve face à une boutique de huit mètres carrés, avec un seul petit vendeur à l’intérieur. Pourtant, en tant que bon consommateur habitué à casser sa tirelire tous les ans pour deux morceaux de verre et un bout de plastique, même si l’on est persuadé que ce n’est qu’une grande farce, on ne peut s’empêcher d’avoir une petite part de doute en nous. La meilleure façon de savoir c’est de demander directement à un vendeur. Après quelques essais de montures à dix euros, vient la question fatidique concernant les verres. C’est à ce moment que le commerçant vous prend vos lunettes, les vraies, les place dans une machine et en quelques secondes vous marque sur un morceau de papier la force de vos verres et le prix de chaque verre. Le total, avec monture, atteint la somme astronomique de trente à quarante euros ! Encore plus suspicieux, mais surtout très curieux, vous lui répondez “ok”. Il essaye tant bien que mal de vous dire que ça va prendre un peu de temps, en vous montrant sa montre. Quinze minutes, c’est encore plus suspect. Après vous avoir donné une boisson, il se met à l’ouvrage, devant vous, sur tout un tas de machines, et au bout de quinze minutes, il en ressort, effectivement, une paire de lunettes flambant neuve. Reste la dernière épreuve, celle qui dissipera tous les doutes, le test de la vue. Et, là,miracle, on voit ! Chose difficile à croire : de véritables lunettes de vue, à moins de cinquante euros, en quinze minutes, c’est possible ! La Corée est perçue comme le pays de la technologie, mais si en plus on peut y faire le plein de paire de lunettes pour accompagner son nouvel écran haute définition qui brûle la rétine, c’est le rêve.

“ils sont frais mes chipsets!”
En plein milieu de Séoul, se trouve l’immense marché électronique de Yongsan. Le paradis pour tous les fouineurs fanatiques de technologie. A l’intérieur de bâtiments énormes, et sur plusieurs étages, s’étendent des kilomètres et des kilomètres de petites boutiques qui, comme dans un marché, proposent chacun leur petite spécialité : cartes-mères, écrans, logiciels … On peut réellement trouver tout et n’importe quoi, et il est surtout extrêmement difficile de s’y retrouver. Ce n’est pas la barrière de la langue qui dérange, c’est surtout que c’est simplement un vrai souk, mais de l’électronique. Il y a quand même une certaine logique dans les bâtiments. Ainsi on retrouvera un building complet consacré à l’informatique, un sous-sol relativement grand dédié aux jeux vidéo, un bâtiment rempli à ras-bord de composants électroniques en tous genres, des galeries complètes de boutiques de téléphones portables, etc … Il est vraiment difficile de tomber sur la boutique miracle qui vous fera vider votre porte-feuille sur le champs (après un combat de calculatrice, pour la négociation, qui s’impose), mais malheureusement ce genre de boutiques existe ! Même si y aller sans but précis, juste pour voir, s’avère vite fatiguant et pas vraiment passionnant, étant donné la quantité d’informations à emmagasiner, et surtout le manque d’originalité dans les produits. Tout se répète très rapidement le long des allées, et on ne se retrouve pas surpris par un accessoire, un nouvel objet, totalement inconnus en Europe qu’il faut absolument rapporter. Non, ici, ce qui surprend, et ce qui fait continuer la visite et la recherche, ce sont les prix et les disponibilités. Pas besoin d’aller sur internet, c’est ici que la majorité des boutiques en ligne coréennes ont leurs stocks et leurs bureaux. Yongsan, c’est comme comparer les prix sur Kelkoo, mais avec le plaisir du contact humain, on passe de boutiques en boutiques, on négocie, on joue de la calculatrice, on fait marcher la concurrence entre les boutiques voisines… le vrai plaisir d’un marché !

Yongsan, le bâtiment consacré à l’informatique : quatre étages et un sous-sol sur plusieurs milliers de mètres-carrés, et une publicité Nvidia qui en impose !
“ssamzie festival”

Chaque année, depuis maintenant 9 ans, a lieu, au mois de septembre, le Festival de musique de Ssamzie. Un festival qui débute à 13h et se termine à 5h le lendemain matin. Au programme plusieurs dizaines de groupes au styles très variés, il y en avait réellement pour tous les goûts : du Demis Roussos national, sans les poils, qui prend la guitare seul sur scène, aux groupes de Grindcore enragés qui n’ont pas a avoir honte face aux occidentaux. Tout ça en passant par le dernier boys-band à la mode, des b-boys coréens aux performances douteuses, des rockers complètement décalés, ou même du hip-hop façon West Coast. Peu importe le style de musique le public était présent et les styles se côtoyaient sans problèmes.

D’ailleurs côté public, fréquentation et organisation, c’était parfaitement à l’image de la ville. Deux grandes scènes l’une en face l’autre, sur lesquelles passaient alternativement les groupes, et entre les deux une marée noir d’un bout à l’autre, avec une fréquentation allant jusqu’à 20000 personnes. Difficile de se déplacer dans cette foule, et il est clair que le terrain était beaucoup trop petit pour un événement comme celui-ci. Quoi qu’il en soit, une fois plongé dedans il ne faut pas chercher à vouloir éviter les autres. Ici, sur n’importe quel son qui bouge un peu, c’est le pogo assuré, les coups de coudes, les chutes, les slams. Les groupes arrivent toujours à mettre une bonne ambiance et la bousculade se fait dans la bonne humeur. La plus grande épreuve est celle du pogo et du circle pit pendant un bon concert de métal. A ce moment, tous les coréens de deux mètres de haut pour deux-cent kilos de muscle sorte de leurs cachettes, alors qu’après deux mois dans la ville vous n’aviez croisé que des fils de fer. Mais au final ce n’est pas d’eux qu’il faut avoir peur (ils ont le démontage d’épaule amical), mais plutôt des petites coréennes habillées en tailleurs avec de grandes lunettes, complètement fanatiques de métal et qui vous explosent autant les oreilles avec leurs cris stridents que les côtes avec leurs petits coudes pointus. L’apogée de la bousculade se fait pendant les dix derniers mètres jusqu’à la scène où il n’est plus possible de revenir en arrière, d’avancer ou même de tomber, tellement on se retrouve serré.

En dehors de la fosse, on retrouve de nombreux stands. Ici pas vraiment de stands de nourriture, mais un Family Mart (enseigne mini-marché local) installé sous une tente pour l’occasion. Ssamzie étant une marque de vêtement on retrouvait donc des stands vantant les mérites de leurs produits. Mais le plus remarquable est l’omniprésence de la publicité entre chaque concert. Sur des écrans géant autour et derrière la scène étaient diffusées des publicités pour Ssamzie et LG (qui avaient des stands de démonstrations de leurs derniers lecteurs MP3 et PC portables).
Au final : une excellente ambiance, la découverte de groupes coréens, et le plaisir de voir des coréens bouger sur autre chose que des musiques diffusées sur MTV.

“à la française”

Ici, la France a l’image d’un pays fantastique, synonyme de luxe, de bon goût, de raffinement et de poésie. C’est pourquoi on trouve de nombreuses enseignes et marques adoptant des noms plus ou moins en rapport avec la langue de Molière; on trouve du semblant de français vraiment partout. Les magasins les plus remarquables sont Paris Croissant, Paris Baguette et Tous Les Jours. Qui sont de grandes chaînes proposant des pâtisseries et viennoiseries à emporter ou à consommer sur place, même si le goût est adapté à la clientèle locale, il n’ont pas à avoir honte de la qualité de leurs produits. On pourrait parler de réussite en ce qui les concerne. De l’autre côté de la force du français, on retrouve ceux qui ont essayé mais qui ont loupé la marche au dernier moment. Une mention spéciale pour le réfrigérateur à 3000€ signé par un designer coréen de renom (qui fera sûrement l’objet d’un article), portant l’inscription « la nobless vous fait parfait », ou encore une marque de cosmétique offrant des coussins avec la phrase, très sobrement brodée, sur le dessus : « Se qui est troche de moi avec la nature. ». Des phrases qui représentent peut-être le comble du luxe coréen, faut-il encore parvenir à percevoir la profondeur du message. Il y a des centaines d’exemples et c’est un réel bonheur de voir des compositions farfelues alliant français et anglais, ou des phrases qu’utiliseraient des enfants, inscrites sur une tasse, un cahier ou une enseigne.

“laissez moi poster mes images !”
La Corée ou le pays du haut débit, semble avoir une politique du type “modem 56k avec session de 30 secondes” pour les étrangers se trouvant à Séoul, ou alors le gérant de la maison dans laquelle je me trouve a décidé de couper la connexion à chaque fois que je voulais uploader la moindre petite image ou texte. Quoiqu’il en soit le problème semble réglé pour le moment, sûrement un peu de répit pendant cette période de vacances en Corée. Désolé pour le manque de photos, j’essaierais d’être plus visuel dès maintenant.
“starcraft, la folie du clic”

Dans les très grandes lignes Starcraft est un jeu vidéo de stratégie dans lequel les joueurs font s’affronter leurs troupes en temps réel. L’important n’est pas réellement le jeu, mais plutôt l’euphorie que provoque ce jeu en Corée. Considéré ici comme un sport national, deux chaînes de télévision lui sont consacrées, on peut y voir à longueur de journée des matchs de différents niveaux (mais souvent très haut), et des compétitions en directes, toujours commentées par le Thierry Roland coréen du Starcraft. On pourrais penser que ce domaine, même s’il est diffusé à la télévision, reste assez fermé. Mais il n’en est rien, de nombreuses compagnies locales forment leurs équipes, et c’est réellement un moyen de promotion pour un large public. On peut voir des combats Samsung versus LG. Lors de certaines compétitions on peut voir une foule de spectateurs en effervescence devant les gradins où s’installent les joueurs, ou les athlètes, question de point de vue. Un sport, peut-être, mais un sport cérébral, ici la carrure des sportifs est à l’image de celle qu’on se fait d’un geek de base : petit, rond, boutonneux à lunettes. Ce qui n’empêchent pas les filles de brandir des drapeaux ou des panneaux avec le nom, entouré de petits coeurs, de leur idole. On se retrouve entre un match de baseball et un concert d’un boys band local. Après bientôt dix ans d’existence, Starcraft continue d’être un phénomène en corée, et l’annonce récente (il y a quelques mois) de Starcraft 2 a fait saturé de nombreux serveurs internet en Corée. Reste à voir si le second opus fera le poids face à son aîné.

Un match à la télé commenté par une présentatrice qui n’hésite pas à faire croire qu’elle est nue derrière son ordinateur.
“souffrir en mangeant”
Malgré l’occidentalisation très présente dans le pays, les anciennes habitudes et attitudes continuent d’exister. Même si beaucoup de restaurants proposent des tables avec des chaises, il reste encore quelques lieux qui conserve la tradition et où l’on mange assis par terre, avec tous les plats qui se mélangent et qui se bousculent sur une table basse. Peu, habitué à cette position le touriste occidental aura très rapidement l’impression d’avoir une bonne centaine d’années, avec au programme : crampes, douleurs aux articulations et colonie de fourmis dans les jambes. Une épreuve assez difficile à négocier les premières fois, mais qui devient rapidement une habitude.

une table dévastée par une bande coréen assoifés après un barbecue bien arrosé au soju. En plus d’être plus ou moins bien assis par terre il faut souvent lutter pour trouver une place ou poser ses baguettes sur la table.
“hey, marcel!”
On voit bien que les coréens sont habitués à la chaleur, non pas parce qu’ils ne suent pas, mais parce qu’ils ont trouvé la technique ultime pour porter une chemise en plein été et ne pas avoir de traces dans le dos : la technique du marcel ! Non je ne parle pas d’un quelconque personnage ayant inventé un produit miracle, mais du morceau de tissu qui vous fait un bronzage si caractéristique. Ici, il n’est pas apparent (ou presque pas), mais on croise beaucoup d’hommes d’affaire ,et autres, le portant sous la chemise pour s’en servir comme d’une éponge. Sûrement en pensant que personne ne le verra. Si seulement leurs chemises n’étaient pas si transparentes !
“agrégats commerciaux”
Une chose qui frappe quand on se promène dans les rues commerçantes (toutes les rues ou presque) et les marchés, ce sont les amas, les regroupements des magasins, stands et boutiques. Tout, ou presque, marche par paquets. C’est un peu comme dans un immense supermarché où il faut retrouver le rayon qui nous intéresse : bricolage, couvertures, poissons, lunettes, chaussettes, etc… On trouve de tout, mais il faut vraiment savoir où chercher. C’est le long de la rivière Cheonggyecheon, que cet aspect stratifié apparaît le plus. On passe devant un bon kilomètre de boutique d’outillages, qui semblent tous vendre les mêmes choses, ensuite on passe à la phase casquettes pour un autre kilomètre de boutiques (le bonheur suprême pour tout collectionneur de casquettes !), et on retrouve la même chose pour : les serviettes, les t-shirts, les luminaires, et toutes sortes de choses. Vraiment tout marche par paquets ! On peut retrouver des immeubles entiers dédiés au tissus ou aux vêtements, avec plein de petit stands à l’intérieur. Mais au final, même si il y a différentes catégories et des différences, les vendeurs semblent tous avoir les mêmes produits de base. Mais comment font-il des bénéfices ? Comment arrivent-ils à se différencier et à vendre autant que leurs voisins qui proposent les mêmes choses au même prix ? Ce sont là les questions que l’on peut se poser face à cette méthode de vente coréenne.

ici plusieurs dixaine de magasins vendant des produits à base ginseng (insam en coréen, le ginseng rouge coréen est réputé pour être le meilleur du monde)