“regardez, des étrangers !”

A Séoul, les étrangers sont très vite repérés, pas besoin d’avoir un appareil photo à la main (d’ailleurs les autochtones en ont aussi), d’avoir un short et une casquette, ou encore un t-shirt avec le drapeau de la Corée dessus. Ici, il suffit d’être typé occidental pour qu’on vous parle, instantanément, en anglais pour la moindre chose, sans même savoir si on ne parlerait pas, à tout hasard, coréen.

On pourrait se dire que c’est normal, qu’en France on fait la même chose. Mais en y réfléchissant, lorsqu’on veut s’adresser à une personne asiatique, on ne pense pas de suite à un étranger, et on lui parlera en Français d’instinct. Le brassage ethnique, les mouvements de populations en Europe, font qu’il est normal qu’un français puisse être d’origine asiatique ou de n’importe où dans le monde. En Corée, c’est une chose plutôt rare. Quand un occidental se marie avec une coréenne, c’est presque un événement national, ajoutez à cela le fait que le mari parle parfaitement le coréen, et qu’en plus ils aient des enfants, et la diffusion à la télévision est presque assurée.

Il y a trois grands groupes d’immigrés : les chinois, les russes, et les américains. En tant que français, on sera soit relié aux russes, car d’après les coréens la langue française ressemble au russe, ou aux américains, dans la majorité des cas. Se faire aborder dans la rue par des coréens curieux est chose courante s’ils ont un doute sur vos origines (si vous ressemblez trop à un américain, il y a moins de chances), toujours en anglais, avec un petit “hi”, il s’intéresseront à vos origines. Les mots “France, Paris, Bonjour, Tour Eiffel”, prononcés légèrement à la coréenne pour se faire comprendre, sont les mots magiques, qui illumineront le visage de votre interlocuteur. C’est assez amusant de voir la réaction des gens, qui s’efforcent de réciter en une seule phrase sans reprendre leur respiration tout ce qu’ils savent sur la France (ou plutôt Paris) et les mots qu’ils connaissent.

Pour les plus jeunes enfants, on devient des animaux étranges qu’ils ne pensaient pas voir en dehors de la télévision, avec une petite tête et d’étranges grands yeux. Pour les collégiens et lycéens, on s’apparentent plus à des livres d’anglais ambulants, cherchant à confronter leurs niveaux d’anglais à la réalité, ils osent parfois un timide “hello” lorsqu’on les croise. Répondez à cela un “bonjour” typiquement français, et vous obtiendrez des cris d’exclamations (typiquement coréens, eux) suivi d’une série de commentaires en coréen déballés à une vitesse hallucinante, ou plus rarement d’un “Vous êtes français? J’apprends le français !” qui surprend autant les deux parties, et qui peut entraîner sur des rencontres intéressantes.

Quoi qu’il en soit n’espérez pas vous fondre dans la masse, surtout si vous essayez des choses traditionnelles coréennes que peu d’étrangers pratiquent, alors là, tous les regards seront braqués sur vous comme sur une bête de foire.

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