“t’as pas mille won pour le dernier Belnal Belbel ?”
Alors qu’en France la vente de livres et le domaine de l’édition sont en constante perte de vitesse, les gens privilégiant souvent la télévision, le cinéma, un jeu vidéo, au profit d’un bon livre. Il est étonnant de voir l’importance des livres dans la culture coréenne. Le premier choc vient quand on entre la première fois dans une librairie, par mégarde, à l’entrée d’une station de métro, en pensant rentrer dans un supermarché. Car en terme de taille certaines librairies valent amplement n’importe lequel des fnac ou virgin de France, et cela en ne proposant pratiquement que des livres, contrairement à chez nous. Les allées de ces librairies sont énormes, et proposent toutes sortes d’ouvrages, locaux ou étrangers. Il est d’ailleurs assez amusant de voir que le best-seller soit « Le papillon des étoiles » de Bernard Werber (ce qui donne quelque chose comme « belnal belbel » à la coréenne) dans une version illustrée par Moebius, tout spécialement pour la Corée.

En observant plus attentivement, on se rend compte que la lecture fait réellement partie intégrante de la vie coréenne, ces grandes librairies sont toujours pleines, et l’on trouve de nombreux autres endroits pour se procurer des livres. Le long de la rivière Cheonggyecheon, sont alignées sur plus d’un kilomètre, des petites boutiques débordant de livres d’occasions, dans lesquelles il est presque impossible d’entrer, mais où il est possible de trouver des oeuvres rares venant du monde entier, le bonheur pour le collectionneur. On peut même voir des distributeurs de livres dans les stations de métro, un petit billet et le bouquin tombe comme une vulgaire cannette de coca.

Peut-être que cet attrait pour la lecture vient des livres en eux même ? Il suffit de regarder autour de soi dans les librairies, on voit tout de suite que les couvertures des ouvrages sont beaucoup plus travaillées, beaucoup plus accueillantes. L’écriture coréenne est de nature très carrée et très fine, et les graphistes savent jouer avec ça. Et le travail ne s’arrête pas à la couverture, l’intérieur est souvent tout aussi réussi, avec toujours une excellente maîtrise de la typographie, l’écriture coréenne donne l’impression d’être unie, compacte et en même temps très légère et aérienne, tout ça brillamment illustré et coloré. Même sans comprendre le texte, c’est un réel plaisir de parcourir les pages de ces livres. Quand on voit tous ces petits détails de mise en page, ces dessins, ces couleurs, autour des calculs de limite, ça donnerait presque envie de reprendre les maths ! Comme toujours le pays est plein de surprises, et c’est un aspect très plaisant de la culture.

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2 commentaires sur l'article : “t’as pas mille won pour le dernier Belnal Belbel ?”
Je suis assez mitigé sur le sujet… Certes, l’hyperchoix de kyobo est assez surprenant, mais il faut quand même remarquer qu’il n’y a, de mémoire, que 2 ou 3 magasins du genre à Séoul. D’ailleurs, il n’y a ma connaissance que 2 chaines de libraries en corée (Kyobo + une autre qu’on retrouve dans le COEX)! C’est assez peu en comparaison au marché françois, où l’on trouve des bouquins dans tous les supermarchés, dans les grandes surfaces, les librairies et même dans certaines maisons de la presse!
Il faut quand même préciser que:
- Les coréens ne semble pas avoir de bibliothèques géantes chez eux, ce qu’ils ont fini de lire, ils le revendent sans doute dans les magasins d’occaz.
- Kyobo, c’est un combo librairie internationale (des bouquins dans toutes les langues donc) / librairie universitaire / librairie spécialisée (ouvrages spécialisés) / et une maison de la presse (magazine).
A mon avis, il ne faut pas tirer de conclusions trop hatives dans un sens ou dans un autre, surtout que les coréens sont loins de préférer les bouquins aux dramas!
En effet il n’y a que quelques librairies de ce genre, mais il ne faut pas oublier les centaines de librairies que l’on trouve partout dans la ville (certaines étant cachées dans les sous-sols ou en haut d’un building), tous les kiosques et étales que l’on trouve dans les rues et les stations de métro, les “convinient stores” qui proposent une petite partie librairie, ou encore la section livre des grands supermarchés (e-Mart, HomePlus …). Mais la plus grande partie se fait sur internet, avec de nombreux sites spécialisés.
Il est vrai que leur manière de consommer ces livres est différente de la France, il n’y pas vraiment de conservation des ouvrages. Mais l’attrait du livre face au grand public est nettement plus fort que chez nous. Le domaine de l’édition n’est pas en déclin, l’université de Hansung (très récente) se spéciales de plus en plus dans cette voie, pour répondre à la demande.
Pour finir, je ne parlerais pas d’hyperchoix, mais simplement de choix, comparé au boutiques françaises qui ne proposent très souvent que des titres connus, et où il faut souvent attendre des semaines pour un titre qui sorte des rangs. Mais ce n’est pas une généralité. ^^